Pierre Della Negra, par lepetitbanc.fr

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Un lieu de vie pour des jeunes en quête de sens

Un entretien avec Pierre Della Negra, enseignant et fondateur au Foyer Michaël

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Comment définiriez-vous le Foyer Michaël en quelques mots ?

Le Foyer Michaël est avant tout un espace de vie en commun destiné à des personnes qui se posent des questions à propos du sens de leur vie. Les étudiants sont invités, durant neuf mois, à participer à une action pédagogique à la fois sociale, artistique et cognitive, dans le plus grand respect de leur personnalité. Des changements profonds et durables pourront alors avoir lieu, afin que cette année devienne un tournant décisif.

Être perçu et percevoir, c’est exister tout simplement, par delà ses qualités et ses défauts.

Qui sont les jeunes qui viennent passer une année au Foyer Michaël et quelles sont leurs motivations principales ?

Les personnes qui décident d'entreprendre cette formation traversent, pour la plupart, une crise, dans le bon sens du terme. L’objectif du Foyer est d’aider les étudiants à trouver ce qu’ils veulent faire, et à leur donner les forces nécessaires pour oser le faire. La rencontre est la base de cette formation. Paradoxalement, le fait d’être « coupé » du monde, d’être « isolé » pendant neuf mois, intensifie ce lien social! Cette situation fait des miracles lorsque les personnes osent se montrer. Elle met l’étudiant dans un état particulier dans lequel il peut se poser courageusement la question : «Qui suis-je au fond ?» Être perçu et percevoir, c’est exister tout simplement, par delà ses qualités et ses défauts. Les expériences vécues au sein du groupe, par les échanges, le partage des tâches quotidiennes et la participation aux événements qui jalonnent le cours de l’année (les soirées biographiques, les fêtes en lien avec les saisons, la création de spectacles…) préparent aux nombreuses pratiques artistiques et artisanales. La dimension artistique est essentielle, c’est notre ancrage. Notre enseignement aimerait être à 100 % artistique.  Tout devrait l’être, d’une certaine façon. L’art nous aide à être plus présent, à faire advenir en nous une espèce d’intelligence plus fine, plus fluide, à lier la vie intérieure et la vie extérieure. On suit les mouvements du vivant dans les formes, les sons, la musique… Les acquisitions de savoirs et de connaissances, sur soi, sur le monde et sur l’environnement sont mises au service d’une pensée vivante.

Une pensée vivante ?

L’art nous aide à être plus présent, à faire advenir en nous une espèce d’intelligence plus fine, plus fluide, à lier la vie intérieure et la vie extérieure.

Oui, la pensée peut être vivante ! C’est même la condition pour comprendre plus intensément le monde, le réel, à partir de soi. Elle est ce qui nous donne la possibilité de reconstruire un lien avec la nature. Cette pensée est vivante non parce qu’elle est prise par des idées, mais parce qu’elle suit le mouvement de la vie. L’individu se découvre aussi en entrant dans les rythmes du vivant. Entrer dans la vie rythmique, c’est se relier, sentir que l’on n’est pas étranger à l’égard des choses extérieures, dépasser la coupure entre soi et le monde et rétablir le contact avec la vie elle-même. En célébrant les fêtes de l’année on peut se relier au cycle des saisons.  Cette recherche se veut festive, culturelle, écologique, artistique, spirituelle et en harmonie avec les rythmes naturels. Retrouver, à l’aide d’une vie sociale saine, d’une activité artistique et de l’exercice d’une pensée vivante, le sens de chaque individualité, voilà le grand chantier du Foyer Michaël!

Extrait des propos recueillis par Nathalie Calmé

pour la Revue Alliance n°26

 

 

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